Inuktitut

Au Nunavut, la langue des Inuites est l’Inuktitut. Avec ses multiples dialectes, la langue Inuktitut sur une vaste superficie géographique. Les sujets techniques à part, l’Inuktitut se fait comprendre depuis l’Alaska jusqu’en Groenland.

L’Inuktitut, l’Inuinnaqtun, l’anglais et le français sont les quatre langues officielles du Nunavut. Le Nunavut et les Territoires du nord-ouest sont les seules juridictions en Amérique du nord auxquelles les langues autochtones profitent d’un statut officiel. L’intention du gouvernement du Nunavut est de faire de l’Inuktitut la langue du travail.

Jusqu’à récemment, l’Inuktitut était une langue orale. L’histoire et l’instruction étaient transmise au moyen de raconter des histories et des souvenirs. Il y a beaucoup de dialectes, et la langue s’évolue constamment. Par exemple, le dialecte compris en Baker Lake et en Arviat diffère de celui parlé à quelques centaines de kilomètres de distance à Rankin Inlet, et les deux diffèrent sensiblement de l’Inuinnaqtun, qui se parle dans la région centrale de Kitikmeot. Cependant, durant le dernier siècle, les formes écrites de l’Inuktitut se sont développées, et sont utilisées aujourd’hui dans plusieurs façons.

Inuktitut écrite

Les formes de l’Inuktitut écrite étaient développées par des missionnaires qui voulaient convertir les prières, les hymnes et le Bible à une forme écrite. Un système a été développé par les Danois pour l’écriture de Groenlandais, et dans les années mi-1800, un linguiste nommé Samuel Kleinschmidt a travaillé pour normaliser ce système. On utilise toujours son système au Groenland.

Au Canada, plusieurs orthographes se sont développées en même temps. Les missionnaires Moraves ont introduit au Labrador un système semblable à celui du Groenland. Dans l’Arctique de l’ouest, les missionnaires ont enseigné un système d’écriture basé sur l’orthographe romaine. En Alaska, des systèmes d’images fascinateurs étaient développés par les Inupiats et les Yupiks, mais ceux-là sont tombés en désuétude.

Dans l’Arctique de l’est, le révérend James Evans, missionnaire Wesleyen, a développé une façon d’écrire les langues Ojibwa et Cri en utilisant des symboles basés sur le short hand de Pitman. Par l’an 1861, il avait traduit le Bible entier en syllabiques Cri. Trois missionnaires étaient impliqués dans l’adaptation des symboles syllabiques à l’Inuktitut. Les travaux initiaux de Horden et de Watkins étaient avancés par Edmund Peck en un système tel que celui qu’on utilise aujourd’hui.

En syllabiques, les symboles plus grandes représentent des sons, des combinaisons de consonnes et de voyelles : les symboles inscrites en caractères supérieures représentent les consonnes « finales » ou « sans voyelle ». La phrase au paragraphe suivant est un exemplaire en syllabiques Inuktitut. Une personne qui sait bien parler l’Inuktitut pourrait apprendre ce système d’écrire dans environ 24 heures d’étude. Beaucoup des Inuit, dont Luke Kidlapik, Joseph Pudloo, et Luke Nowdla ont contribué à enseigner ce système d’écrire, en plus d’agir en tant que missionnaires eux-mêmes. Les Inuit à travers l’Arctique de l’est ont adopté ce système avec enthousiasme. Aujourd’hui, les syllabiques sont utilisés à travers l’Arctique de l’est jusqu’à Gjoa Haven.

Exemplaire d’Inuktitut :
The people of Qamaviniqtalik hunted caribou in spring and fall.

Les gens de Cambridge Bay, de Kugluktuk, de la région de Bathurst Inlet, et de Holman continuent d’utiliser l’orthographe romaine que les missionnaires de l’ouest leurs ont enseignée, mais ce système d’écriture dialectique se voie normalisé, et s’appelle Inuinnaqtun. Voici un exemplaire d’Inuinnaqtun.

Exemplaire d’Inuinnaqtun :
The people of Qamaviniqtalik hunted caribou in spring and fall.

Innuin Qamaviniqtalikmi angunahuaqpaqtun tuktunik upingaami ukiakhamilu.

L’emploi de syllabiques est avancé à pas de géant lorsque des systèmes étaient développés afin de permettre les ordinateurs de manipuler les caractères comme des polices, et surtout quand ils étaient adaptés à l’Internet. Aujourd’hui plusieurs polices syllabiques sont disponibles, ce qui permet de mieux dessiner les documents Inuktitut.

Les enfants se servent toujours d’aides-mémoire, des chants comme celles qui sont utilisées pour enseigner l’alphabète anglais. Des fiches aident les gens apprendre comment les caractères et les sons s’accordent l’un à l’autre.

Voici un lien à une fiche syllabique: http://langcom.nu.ca/languages/learning.pdf